Carte de l'expédition

Jour 1

Nous sommes partis à 14:07 pour notre expédition. Nous avions le vent dans le dos, nous avons parcourus la distance de 18.5 km pour se rendre à Manic-2 en 3 heures. Nous avons fait le quart du portage du Barrage Manic-2 par nous-mêmes et le reste a été fait en pick-up. Le monsieur était très content de nous aider. Il n’a pas voulu être payer car il nous a dit « je suis un gars de bois comme vous autre et entre gars de bois, c’est important de s’aider. Nous avons couché sur le réservoir Manic-2.

         

Jour 2

Nous avons parcourus une distance d’environ 23 kms. Au début, nous avions le vent en face mais il a changé de bords. Nous l’avions dans le dos. J’ai pris mon premier brochet et j’étais très fière. Tout au long de la journée, il y avait de la houle sur le réservoir. Après le souper, moi et Yvon ressentions encore la même chose lorsque nous étions assis près du feu. Nous valsions encore.

   

Jour 3

Nous avons pagayés toute la journée avec le vent en face et parfois le vent soufflait assez fort. La journée a été plus difficile mais nous avons quand même parcouru environ 20 kms. Ce matin, nous avons vu plusieurs grosses et hautes montagnes qui plongeaient directement dans le réservoir. Certaines avaient au moins 300 à 400 pieds de haut. Ce qui m’a le plus impressionné, c’est que la végétation s’accroche à chaque petit replat de la montagne ou il y a un peu de terre. La première pensée que j’ai eue fut pour nous les hommes (hommes et femmes), cette végétation (mousse, lichen et arbres) nous démontre qu’il faut s’accrocher à la vie. Certains muscles en haut de la ceinture commencent à crier après nous autres car nous les sortons de leur de confort. Le canot se comporte très bien dans les vagues. Yvon a pris un brochet pour souper.

     

Jour 4

Nous avons parcouru une distance de 4-5 kms avant d’arriver au barrage Manic-3. Nous avons causé une certaine surprise dans le portage Manic-3. Le barrage est une propriété privée et nous nous sommes fait questionner et avons dû fournir une pièce d’identité au contrôle de sécurité d’Hydro-Québec. Nous remercions Claudie et Marc-André pour leur bonne compréhension car ils nous ont laissé continuer notre portage avec l’approbation de leur supérieur. À ceux qui voudraient passer en canot par Manic-3, il est essentiel d’obtenir une autorisation écrite en communiquant avec Hydro-Québec, Relation avec le milieu au numéro 1-514-289-5005. Après le portage d’une durée de 5 heures, nous avons pagayé environ 14-15 kms. Nous n’avons pas pris de poisson; donc pour le souper, Soupe, Beans et biscuits. Pauline (sœur d’Yvon), tes petits cornets au beurre d’érable étaient délicieux.

       

Jour 5

Parfois ce n’est pas toujours évident de se trouver une place pour camper donc on accepte la place que l’on trouve. Hier on a campé sur une petite plage de sable et à l’arrière il y avait beaucoup d’aulnes. Je me suis endormie en écoutant la douce et harmonieuse mélodie des grenouilles, des oiseaux, des huards et …. Les ronflements d’Yvon. Toute la journée, nous avons eu des conditions idéales pour faire du canot. Le soleil était au rendez-vous et il n’y a pas eu de vents de la journée. Nous avons parcourus environ 25 kms. Nous n’avons pas pris de poissons; donc pour le souper : soupe, macaroni au jambon d’usine et biscuits. Par contre nous avions de la céramique dans notre cuisine!!!

   

Jour 6

Les conditions pour faire du canot étaient encore excellentes. Le soleil était encore au rendez-vous et dans l’après-midi le vent sud s’est levé pour nous pousser en direction du nord. Yvon est allé à la poissonnerie vers 9 :30 h en capturant une truite grise de 28 pouces pesant 12 livres. Daniel (beau-frère d’Yvon), la truite a été prise avec un rapala.

       

Jour 7

Ce matin, il pleuvait. La pluie était fine mais intermittente. Nous avons parcourus environ 20 kms. Nous sommes campés sur un gros button de sable avec une très belle vue sur le réservoir Manic-3. Toute la journée, le vent du Sud nous poussaient et il y avait pas mal de houle. Yvon a pris un brochet dans l’après-midi.

Jour 8

Il a mouillé une bonne partie de la nuit et à mon réveil ce n’était qu’une petite bruine. Le bois était mouillé pour partir le feu mais avec un peu de patience, on a réussi à faire chauffer de l’eau pour le café et le gruau. Durant la nuit, nous avons eu la visite d’un loup. Nous avons vu ces empreintes à environ 50 pieds de notre tente.

Le loup venu du Sud durant la nuit s’arrêta surpris, de sentir des ennemis endormis, il changea de direction sans bruit pour repartir comme il est venu sans bruit. Le matin venu, les ennemis étaient fort réjouit que le loup n’eut pas une grosse appétit.

 

Jour 9

Nous sommes arrivés à Manic-5 ce matin vers 9 :30 h. Nous remercions Yvon Sanche pour sa très grande serviabilité et sa collaboration.

     

Jour 10

Ce matin, nous sommes partis de Manic-5. La rivière était calme avec seulement un léger vent du Nord. Nous remontons la rivière sur une distance d’environ 50 à 55 kms avant d’arriver sur le réservoir Manicouagan. Tant que nous serons sur la rivière et le réservoir, nous naviguerons du coté est jusqu’à la rivière Racine de Bouleau pour nous éviter de traverser les grandes étendues d’eau qu’il y a sur le réservoir et par le fait même nous profiterons au maximum des couchés du soleil.

   

Jour 11

Nous partons avec un léger vent venant du Sud (qui est parfait pour nous). Nous avons espérance de nous rendre sur le réservoir Manicouagan aujourd’hui. Ça y est nous sommes campés du coté Sud-Est du réservoir. C’est un immense plan d’eau. Le voir sur une carte est impressionnant mais c’est encore plus impressionnant de le voir de nos yeux. Plus au Nord, nous voyons, probablement, les Monts Ottis. On aperçoit encore des plaques de neige répartis çà et là sur le dessus des monts. On dirait un immense jeu d’échec, à voir le déroulement de la partie, je suis persuadé que les noirs vont gagner!!! Yvon a pris une truite grise d’à peu près 3-4 livres.

   

Jour 12

Nous en sommes à notre deuxième journée de navigation sur le réservoir. Nous avons toujours un léger vent du Sud. Il a plu presque toute la nuit. Nous avons eu un petit répit pour faire le déjeuner et la pluie a recommencé sur la fin de l’avant-midi par intermittence. Karolann, tu sais à quel point je t’aime et que c’est un plaisir pour moi de te « baver »! Hé bien aujourd’hui, moi et Yvon avons pris chacun une truite grise de 6 livres XXX. Yvon fait dire un gros bonjour à Marie-Anne, Antoine et Laurence XXXXX.

     

Jour 13

Ce matin, à notre levé, le vent était fort et il y avait beaucoup de vagues sur le réservoir. La température était froide, nous avons changé le chapeau pour la tuque. Nous n’avons pas fait de canot de la journée. Nous avons profité de ce répit pour faire notre lavage. Nous avons fait un autre Inuksuk et nous avons installé un crâne d’orignal (petit buck de 1 an ½ que j’ai trouvé à 200 pieds de notre camp) au pied de l’Inuksuk. Nous remercions Serge Lamontagne, journaliste à la Voix Du Sud pour son excellent texte que nous avons eu l’opportunité de lire à Manic-5. Nous savons grâce à Emmanuel et Lise que vous êtes beaucoup à visiter notre site. Bien que nous sommes très motivés pour faire notre expédition, vous nous donnez encore plus d’énergie. Merci du fond de notre cœur.

   

Jour 14

Nous sommes partis vers 2 :00 h de l’après-midi car le vent avait beaucoup moins d’intensité. En avant-midi, nous avons pris une marche sur le bord du réservoir et il y avait des vagues de 3 à 4 pieds. Vers 6 : 00 h, nous sommes arrivés à la Pourvoirie Boréal 51. Nous remercions Lise et Jean-Marc pour leur chaleureuse accueille et leur gentillesse. Grâce à eux, nous avons pu recharger mon ordinateur et une pile de mon appareil photo. Aux personnes qui désirent faire un merveilleux voyage de pêche sur le réservoir Manicouagan, n’hésitez pas à communiquer avec eux au numéro de téléphone suivant : 1 819-340-1162 ou visitez leur page Facebook. C’est certain que vous apprécierez leur joie de vivre et leur simplicité. Vous verrez un premier couché du soleil sur notre site et ce n’est pas le dernier. Ce qui fait la beauté d’un couché du soleil, c’est qu’il est éphémère et unique. Ce premier couché du soleil est pour Lise (conjointe d’Yvon). Moi, j’ai une pensée d’amitié envers toi tandis qu’Yvon a peut-être une pensée d’Amour!!!!!

 

Jour 15

Deux clients de la Pourvoirie nous ont dit « Bravo et bonne chance Radisson et Desgroseiller ». Lise (conjointe de conjointe de Jean-Marc) s’est occupé pour que de récentes photos soient sur notre site. Encore une fois Merci à vous deux. À chaque fois que l’occasion se présente, nous faisons un Inuksuk pour commémorez dans le temps « L’expédition du Nord ». Lise et Jean-Marc, nous avons fait un Inuksuk dans la petite passe au Sud-Ouest de votre pourvoirie avant d’accéder au réservoir. Ce soir nous étions au première loge pour un magnifique couché du soleil. Je vous la promesse que vous verrez ce couché du soleil en photo sur notre site.

   

Jour 16

Nous avons eu une très belle journée pour faire du canot. Dans l’après-midi, nous avons passé l’embouchure de la rivière Hart jaune. Elle arrive au Nord-Est en haut du réservoir. Nous n’avons pas encore de mouches.

Jour 17

À 9 :00 h ce matin, nous avons traversé une baie de 4.4 kms. Nous avons été très, très opportunistes car il y avait beaucoup, beaucoup de houle. Cette traversée a duré 1 heure. À chacun notre manière, moi et Yvon avons affronté une de nos peurs et je suis très fière de ma petite victoire. Prenons l’exemple d’une petite marre d’eau où il n’y a aucune charge ni décharge pour oxygéner l’eau, des herbes et des quenouilles envahissent la marre et au bout de quelques années, elle finit par mourir. Je crois qu’il est important que l’être humain affronte ses peurs car s’ils ne les affrontent pas, il commence à perdre petit à petit son énergie. C’est alors que tranquillement les petites maladies commencent à l’envahir puis arrive la maladie fatale et il meurt dans la souffrance. Affrontons nos peurs, augmentons la confiance envers nous-même et abandons nous à l’Univers qui veut notre bonheur. Vers 11 : 00 h, nous avons été récompensé tous les deux en même temps. Moi, j’ai pris une ouaouaniche de 3 livres et Yvon, lui, une grise de 5 livres (coucou Karolann !!!). À midi, nous avons arrêté pour manger à l’embouchure de la rivière Racine de Bouleau d’une largeur d’environ 3 kms. Le paysage est de toute beauté; à droite vers le Nord arrive la Racine de Bouleau sinuant à travers les montagnes, au Nord-Ouest, une autre rivière se jette à l’embouchure, elle aussi, elle est bordé de montagnes. Au Sud-Sud-Ouest, l’autre côté du réservoir Manicouagan qui nous dévoile encore une immense étendue d’eau qui s’étend (après vérification sur la carte) sur une distance d’au moins 45 kms. Pour nous, nous entamons la phase plus « sauvage » de notre expédition car il n’y a plus de route. Le seul accès est par avion. La prochaine route se trouve à l’aérodrome de Caniapiscau qui passe par la Baie James. À part quelques rencontres surprise, nous ne rencontrerons personne avant l’aérodrome de Caniapiscau.

Jour 18

Ce matin, nous avons passé l’embouchure de la rivière Timmins sur notre droite qui arrive du Nord-Est alors que nous, nous montons franc Nord. Dans l’après-midi, nous avons vu un ours qui marchait tranquillement sur le bord de la rivière en quête de nourriture. Nous disons un gros bonjour à Jean-François Lapointe (garçon à Yvon), bon retour à Calgary et on se revoit le plus tôt possible.

Jour 19

J’ai oublié de vous mentionnez que lorsque que nous avons dîné à l’embouchure de la Racine de Bouleau, nous en avons profité pour faire un autre Inuksuk car nous avions un excellent emplacement. L’Inuksuk est situé sur un cap à l’embouchure de la rivière à une hauteur de 20 pieds. Lorsque nous étions à notre campement de hier, nous avons atteint le 52 « ième » parallèle nord. Après 1 h ½ de notre départ ce matin, j’ai pris une grise de 5 livres. Elle a fait notre dîné. Dans l’après-midi, nous sommes arrivés dans le vrai lit de la Racine de Bouleau car le réservoir n’a plus d’effet à cette hauteur. La rivière est très belle, d’une largeur de 250 à 300 pieds. Vers 2 : 00 h, nous avons commencés à faire de la cordelle. Ça consiste à tirer le canot avec une corde en avant et une autre en arrière. On fait cela lorsque le courant est trop fort pour ramer ou lorsqu’il n’y a pas assez d’eau pour ramer. Dons on marche dans 6 pouces d’eau jusqu’à 2 pieds. Les places pour camper sont rares et nous avons fait de la cordelle jusqu’à 7 : 30 h. On s’est campé sur un galet sur le bord de la rivière. Il y a 3 côtés positifs à faire de la cordelle ; On évite les portages, on fait de l’exercice pour les jambes et on a toujours les pieds lavés. En bonus, nous avons le soleil.

     

Jour 20

Dans l’après-midi, nous sommes arrivés où la rivière descend dans un immense canyon. Nous avons rubanés un sentier pour faire notre premier portage imprévu. Ce premier portage sera assez éprouvant car à partir du canot, il faut monter un éboulis de roche et ensuite monter jusqu’au sommet. La distance du canot au sommet est de 600 pieds avec une élévation de 100 pieds. Nous avons fait la moitié du portage et nous sommes encore campés sur le bord de la rivière. J’ai pris beaucoup de photos de ce canyon. C’est très impressionnant de voir la quantité d’eau qui y passe. Pour ceux que ça intéresse, il y a beaucoup de bleuets sur le sentier de portage que nous avons fait et la truite mouchetée est délicieuse. Nous en avons mangés une quarantaine aujourd’hui et ça ne fait que commencer.

     

Jour 21

Nous avons pratiquement terminé le portage qui fait 1 km. J’ai commencé à pêcher à la mouche pour la première fois et j’adore cela. Pour l’instant on mange de la truite mouchetée de 6 à 8 pouces grâce à Yvon. Avec de la pratique et les conseils d’Yvon, j’ai bon espoir d’en prendre à mon tour. On verra avec le temps si l’élève dépassera le professeur, Yvon est inquiet!! Avec la belle température que nous avons, nous avons droit à de merveilleux couché du soleil. Présentement à la latitude que nous sommes, le soleil se couche vers 9 : 30 h. Donc nous avons un peu de clarté jusqu’à 10:00 et le soleil commence à se lever un peu passer 3:00 le matin.

 

Jour 22

La journée se résume à 3 portages de ¼ de km et de la cordelle car le courant est beaucoup trop fort. Sur la fin de l’après-midi, j’ai trouvé une grosse corne d’orignal sur le bord de la rivière. Elle avait 13 pointes et elle devait peser entre 15 et 20 livres lorsqu’elle s’est détachée de l’orignal. Pour ceux qui connaissent ma passion pour les cornes, vous comprendrez que ce fut très mais très pénible de remettre cette corne sur un gros rocher.

 

Jour 23

Aujourd’hui encore nous avons fait de la cordelle et 3 portages qui ont totalisés environ ½ km. Il nous est arrivé une petite mésaventure ce matin. En faisant de la cordelle, la pointe avant du canot s’est fait emporter dans le courant et du même coup, Yvon a perdu pied et le courant l’a emporté sur une cinquantaine de pieds. Moi, je tenais la corde en avant, je me suis retrouvé assis dans l’eau en essayant de tirer et de retenir le canot qui a 350 livres de charge sans compter l’eau qui a rentré dedans. Lorsqu’Yvon est revenu pousser le canot, j’étais à bout de force et très content. Depuis quelques jours, nous sommes dans une section de la rivière qui est très inhospitalière. Chaque côté, les rives sont bordées de petites roches jusqu’à d’énorme rochers. Il y a des centaines et des centaines d’hectares de forêts qui ont brulées dans les années passées. Nous mangeons sur le bord de la rivière et nous nous trouvons une place de 7 pieds carrés assez plat au milieu du thé du Labrador et de la mousse au caribou pour installer notre tente.

 

Jour 24

La journée s’est déroulée à faire 2 petits portages de ¼ de km et de la cordelle. Depuis quelques jours, nous avons beaucoup, beaucoup d’amis ailés. Lorsque nous sortons de la tente le matin, ils sont là pour nous dire « Bonjour, nous vous accompagnerons tout au long de votre journée ». On mange de la truite mouchetée à tous les jours plein la poêlonne.

 

Jour 25

Notre journée s’est déroulée à faire de la cordelle et des portages. Cette section de la rivière nous ralentis considérablement car nous progressons d’environ 2 à 3 kms par jour.

 

Jour 26

Ce matin, notre journée a commencée avec un portage. En revenant de notre premier voyage, nous avons passés plus sur le bord de la rivière et j’ai trouvé un très gros crane d’ours. J’ai pu récupérer 3 canines, 3 griffes et quelques petites dents. À voir la grosseur des griffes, il devait s’appeler Mr l’Ours. Après ce portage, nous avons commencés à faire de la cordelle. Sur l’heure du midi, nous sommes arrivés à un endroit très impressionnant de la rivière. En avant de nous il y avait un énorme mur de roches d’à peu près 40 pieds de haut sur 250 à 300 pieds de long avec seulement 3 sorties pour l’eau. Nous avons baptisés ce mu « Manic-6 ». En haut de ce mur, il y a un petit lac où nous en avons profités pour pêcher notre souper. Nous avons refait de la cordelle jusqu’à 6 : 00 h. Notre expédition commence à avoir des effets bénéfiques sur notre physique; Yvon a perdu un trou sur sa ceinture tandis que moi, je dois percer un trou dans ma ceinture.

   

Jour 27

Jaël Lemieux, je te souhaite avec tout mon amour une très belle et bonne journée pour ta fête.

Aujourd’hui, nous avons avancés de 1.5 kms. Nous avons fait 3 portages et il y a eu une cordelle très mouillante. Le deuxième portage a été particulièrement dur physiquement car nous avons dû jouer aux alpinistes. Nous étions dans un canyon et il y avait une chute de 4 à 6 pieds en avant de nous. Pour traverser cette chute, nous avons montés tout le bagage et le canot à l’aide d’une corde pour franchir un mur ce cap d’environ 20 pieds de haut. Après ce portage, nous avons ramés peut-être 5 minutes, l’eau était calme mais nous avancions encore dans un canyon. En passant une courbe de la rivière, on aurait dit que c’était la fin de la rivière car il n’y avait qu’un tout petit passage de 5 à 6 pieds, de l’autre côté, nous avons fait de la cordelle. Le courant était assez rapide, nous touchions le fond car il y avait 3 à 4 pieds d’eau. À 2 endroits, j’ai dû me lancer un peu à la nage car je ne touchais plus le fond et presque rien pour m’agripper à la paroi rocheuse. Lorsque je recommençais à toucher le fond, Yvon embarquait dans le canot et je le tirais vers moi. Après cette section de cordelle éprouvante, nous avons refait un autre portage. Nous avons coupés le détour de la rivière en traversant des caps et nous nous sommes campés à 9la fin du canyon. De l’autre côté du canyon, on aurait dit que l’on venait de changer de monde. Le canyon finit subitement pour faire place à du terrain plat toute garni d’épinettes noires et la rivière qui a une largeur d’au moins 200 pieds est beaucoup plus calme.

       

Jour 28

Notre journée a commencé avec de la cordelle facile à faire car le courant était de faible intensité avec une moyenne d’environ 2 à 3 pieds d’eau. Nous avons fait un autre portage sur l’heure du midi qui a duré environ 1 h ¼. Après ce portage, nous avons fait de la cordelle. De 4 :00 h à 6 : 00h, nous avons pu ramer. Le relief est devenu relativement plat. Il y a quatre grandes strates de végétation qui monte vers le Nord; la forêt boréale, la forêt boréale ouverte, la taïga et la toundra. Nous commençons à être dans la transition de la forêt boréale vers la forêt boréale ouverte car nous voyons de plus en plus d’ouverture remplies de mousse à caribou.

   

Jour 29

Nous avons fait de la cordelle tout l’avant-midi. Dans l’après-midi, nous avons ramés à peu près 3 heures et refait un peu de cordelle. Plus nous montons sur la rivière, il y a de plus en plus d’ouverture avec de la mousse à caribou. À chaque fois que je vois ces étendues de mousse à caribou avec des épinettes noires d’une hauteur moyenne de 35 à 40 pieds ici et là, je les trouve toutes plus belles les unes que les autres. Les paysages formés à partir de ces éclaircies de mousse à caribou sont de toutes beautés.

   

Jour 30

Notre journée a commencé avec un peu de cordelle et ensuite nous avons ramés pendant quelques heures. Nous avons fait de la cordelle presque tout l’après-midi et nous avons commencés un portage que nous finirons demain avant-midi.

Jour 31

Nous avons fait de la cordelle, quelques petits portages et nous avons eu la possibilité de ramer.

Voici le déroulement du quotidien pour nous ; Le matin, je me lève toujours avant Yvon, j’allume le feu pour le café et le gruau. Nous mangeons quelques rôties. On fait la vaisselle et on ramasse tout le bagage pour charger le canot. Nous faisons en moyenne 9 heures de canot, de cordelle ou de portage. Vers l’heure du midi, on arrête pour manger une vingtaine de minutes. On pêche un peu durant l’après-midi pour notre souper. Sur la fin de l’après-midi lorsque nous avons trouvés une place pour notre campement, nous sortons le bagage du canot et on monte la tente. Moi, je ramasse du bois et prépare la place pour faire le feu sur le bord de l’eau tandis qu’Yvon arrange le poisson et prépare la bouffe pour le souper. On se couche vers 10 : 00 h.

Jour 32

Nous avons fait de la cordelle et 2 petits portages et nous avons ramés. Ce soir, nous sommes campés au bout du lac de La Maison D’hiver. Nous nous préparons pour le souper et il pleut. Avec le ralentissement lors de notre montée sur la Racine de Bouleau, nous commençons à avoir un manque de nourriture pour le déjeuner et le dîner. Heureusement on prend suffisamment du poisson pour se nourrir correctement.

 

Jour 33

Ce matin à notre réveil, il pleuvait tout comme il a plût la nuit passé. Nous nous sommes reposés avant d’entreprendre notre portage de 1.5 kms car nous sommes rendus à la ligne de partage des eaux. Nous prenons un peu de repos pour guérir de petites blessures; Yvon a une petite enflure sur une jambe et moi à force d’avoir les pieds trempes, j’avais les 5 orteils du pied gauche toute rouge et 2 du pied droit. De temps en temps on se frictionne les mains avec de l’huile d’olive car la peau des mains est mise à rude épreuve. Cette après-midi, nous avons été portés le canot au prochain lac qui nous permettra de prendre la direction vers la Baie d’Ungava. Le portage se fait très bien car il y a de nombreuses éclaircies de mousse à caribou parsemés ici et là d’épinettes noires et le terrain est relativement plat. J’aime beaucoup cela marché sur ce terrain ou je me sens très bien et je suis constamment à l’affût pour voir mes premiers caribous en milieu naturel car durant notre portage, nous avons vu quelques sentiers de caribou et des vieilles pistes.

Jour 34

Ce matin à notre levé, le temps était gris avec quelques averses de pluies fines, la température était fraîche, beaucoup de vent et pas de mouches. C’était des conditions idéales pour faire notre portage d’une distance de 1.5 kms. Ça y est !!!! Nous sommes sur l’heure du midi et nous commençons à ramer sur le premier lac qui nous apporte vers la Baie d’Ungava. Aussitôt que nous avons commencé à ramer, nous avons mis nos lignes à l’eau avec des rapalas en espérant prendre un poisson pour le souper. Peut-être 10 minutes après la mise à l’eau, j’ai pris une grise d’à peu près 3 livres. Parfait pour le souper. Au moment ou je suis en train d’écrire ces lignes dans la tente, il est 10 : 00 h pm et nous entendons un ou des caribous marchés dans les alentours. Lorsque nous avons cherchés une place auparavant pour notre tente, nous avons vus des pistes fraîches dans la mousse.

Jour 35

Nous avons pris la décision de changer quelque peu notre trajet pour nous éviter un autre portage de 1.5 kms qui nous auraient pris encore une journée. Nous avons passés par une série de petits lacs et de petites rivières sans savoir si nous aurions assez d’eau pour faire passer le canot ou tout autre obstacle. Tout s’est très bien déroulé sur notre nouveau trajet. Nous sommes arrivés sur le lac Hanctin dans le milieu de l’après-midi pour reprendre le trajet proposé. Nous sommes arrivés sur le lac Justone vers 6 : 00 h. Nous nous sommes installés dans un camp où nous en profiterons pour rester une journée. Après 35 jours à coucher dans une tente et de manger dehors cette petite gâterie fait beaucoup de bien.

 

Jour 36

On s’est lavé, lavé notre linge, fait un peu de couture, rechargé le téléphone satellite et l’ordinateur. Nous avons pêchés à la mouche dans la décharge du lac Justone. Dans l’espace de 1 ½ à 2 heures, nous avons pris 3 douzaines de truite variant de 8 à 10 pouces dont 2 de 1 ½ à 2 livres. Yvon en a pris le ¾. Sir la fin de l’après-midi, il a commencé à mouillé.

Jour 37

Nous avons navigués une partie de la journée sur le lac Justone en direction du la Hasté. À la décharge du lac Justone, Yvon a fait une merveilleuse pêche de truites mouchetées à la mouche. 3 de 2 livres et 21 autres de 8 à 10 pouces.

 

Jour 38

Nous sommes arrivés sur le lac Hasté sur l’heure du midi. On a mangé 12-13 truites et on est repartis pour traverser le lac jusqu’à sa décharge. Sur la fin de l’après-midi, il a commencé à mouiller et nous avons montés notre campement à la pluie. On a installé une grosse toile comme abri pour faire un feu, mangé et installé notre bagage. Cet abri de fortune valait une fortune car il a mouillé toute la soirée et lorsque l’on s’est couché, il mouillait encore. Depu8is mercredi passé, il commence à mouiller sur la fin de l’après-midi et la pluie continue une bonne partie de la nuit.

 

Jour 39

Aujourd’hui, nous avons fait de la cordelle pour descendre 2 rapides et nous avons ramés le restant de la journée. Nous sommes campés dans un camp de chasse qui n’a pas eu de visite depuis longtemps. On va pouvoir faire sécher notre linge, notre matelas de sol et notre sac de couchage.

 

Jour 40

Nous sommes partis ce matin du camp de chasse où nous avons passés la nuit en direction du Camp no 3 du Club Chambeaux. Nous avons une trentaine de kms à parcourir. Sur le lac Lapointe que nous avons traversés, nous avons fait de de belles prises; Yvon, sur la fin de l’après-midi a pris une grise de 10-12 livres, moi, j’ai pris en début d’après-midi un corégone de 4 livres et environ une heure plus tard, j’ai pris une ouaouaniche de 5 livres. Nous sommes très bien installés dans le camp 3. Côté température, c’est la même chose depuis plusieurs jours. Il fait soleil durant la journée et il pleut en fin d’après-midi, la soirée et la nuit. Sur l’heure du souper, nous avons eu droit à du tonnerre, des éclairs et beaucoup de pluie. Quel bonheur que d’être dans un camp.

   

Jour 41

Je tiens personnellement à souhaiter BONNE FÊTE à mon frère Yves pour ces 50 ans.

Ce matin pendant que nous étions en train de faire nos bagages, nous avons eu la visite d’un ours noir d’environ 200 livres. J’ai pris 4 photos. La meilleure est celle où je suis dans la cuisine et l’ours est dehors debout sur la galerie car il n’y a que la porte qui nous sépare. Les bagages rendus dans le canot, nous partons en direction du Camp 1 du Club Chambeaux. Nous sommes arrivés au Camp 1 vers 6 : 00 h et nous avons étés extrêmement bien accueillis par ; Normand (chef des guides), Pauline (très, mais très bonne cuisinière), Laurent (son mari) Clyde, Sylvain et Pierre (Tous guides)

 

Jour 42

Après un excellent déjeuner pris avec les guides et préparée par Pauline nous sommes prêts à partir en direction du Camp 5 du Club Chambeaux. Ce camp est le lieu de ravitaillement pour remplir nos barils qui sont complètement vide. Depuis 5 à 6 jours, nous mangeons du poisson 3 fois par jour. Nous sommes 7 jours plus que nous avions pensés. Les imprévus sont là pour nous montrer que nous ne contrôlons absolument RIEN. Nous remercions de tout cœur le personnel et Jean-Claude Tremblay (propriétaire de la Pourvoirie « Club Chambeaux) pour leur accueille, leur professionnaliste et leur bonne joie de vivre. Ils aiment être là et ils le font avec passion. Si vous désirez vivre et faire un voyage de pêche merveilleux dans une nature sauvage de toute beauté et en harmonie. N’hésitez à communiquer avec Jean-Claude au numéro suivant : 1 418 548-5505.

 

Jour 43

Nous sommes au Camp 5 du Club Chambeaux. Nous prenons la journée pour nous reposer, prendre des forces, bien manger et faire du lavage.

Comme vous avez pu le lire, la montée de la Racine de Bouleau a été particulièrement difficile pour nous. Je crois que nous avons fait facilement 65 % du trajet en cordelle et en portage. Ces nombreux portages nous ont renforcis physiquement car au début, lorsque nous partions avec un baril de nourriture ou notre sac à dos qui pèsent à peu près 55 à 60 livres, nous ne marchions que 500 ou 600 pieds et on prenait un peu de repos car nos épaules et notre dos n’étaient pas habitués à cette charge. Rendu au lac de la Maison d’Hiver qui est à la ligne de partage des eaux nous avions un portage de 1.5 kms à faire. Bien que nos barils commençaient à être vides, nos sacs à dos avaient le même poids. Lorsque nous avons rubanés notre portage, nous avons installés 2 rubans ensemble pour nous indiquer que nous étions à mi-chemin, c’est-à-dire 0.75 km. Une fois notre sac à dos sur nous, nous avons franchis la distance de 0.75 km sans prendre de repos.

Est arrivé aussi le temps de diminuer les rations de nourriture car avec le ralentissement de la montée de la rivière, nous savions que nous allions manqués de nourriture avant d’arriver au Camp 5 du lac Nouveau pour notre ravitaillement. Environ 15 jours avant notre arrivée au Camp 5, ce sont les dîners qui ont manqués les premiers. Vers la fin, notre dîner n’était composé que d’une dizaine de pruneaux et d’une barre tendre. Pour le déjeuner, il nous restait un peu de bannique et quelques pains pitas. Nous avons étirés le café jusqu’à la fin. Comme vous le savez les 5 à 6 derniers jours avant d’arriver au Camp 1, c’était du poisson 3 fois par jour. Plus rien de sucré depuis longtemps. Moi, qui fait de l’hypoglycémie de temps en temps, je mangeais des comprimés de glucose que je m’étais apporté au cas. J’en prenais souvent durant le jour pour compenser la baisse d’énergie que je ressentais. Pour le souper, il nous restait un peu de nouille, du riz et des patates en poudre qui venait s’ajouter au poisson. Environ 7-8 kms avant d’arriver au camp 1, il y avait une chaloupe sur le bord du lac et nous avons entendus le bruit d’une scie à chaîne. Nous sommes allés voir. Il y avait Clyde, un guide du Club Chambeaux qui parle seulement anglais, qui étais en train de couper des épinettes pour réparer des trottoirs en bois au Camp 1. Dans notre conversation, il nous a dit qu’il y avait un « cook » et 4 autres personnes au Camp et qu’il y avait de la place pour nous. Lorsque nous sommes repartis en canot en direction du Camp en sachant que nous allions pouvoir manger à notre faim fût reçu pour moi comme une bénédiction de l’Univers. Nous avons été reçus au Camp comme des rois. C’était tellement bon de manger. Lorsque Madame Pauline m’a demandé si je voulais une autre assiette j’ai dit « oui SVP presqu’en pleurant ». Après le plat principal, nous avons plongés dans le dessert, c’était tellement bon de manger du sucré. Pour la première fois de ma vie, j’ai vraiment souffert de la faim, de ne pas assez manger. Lorsque je me suis couché le soir, le ventre encore plein de pâtisseries et d’un Pepsi, j’avais hâte de me lever le lendemain pour encore aller manger. Après un très bon déjeuner, Madame Pauline nous a préparé chacun 2 sandwiches au jambon très épais et elle nous a fait une recette d’environ 25-30 galettes à la mélasse que nous avons toutes mangés dans la même journée. Seulement le fait de savoir que l’on avait de la nourriture, mon corps en demandait sans cesse. Nous sommes arrivés au Camp 5 vers 7 : 15 h le soir. Lorsque nous avons ouvert nos quatre boîtes de nourriture, nous étions comme des enfants qui déballent leurs cadeaux à Noël. C’était l’abondance de nourriture pour nous. Depuis plusieurs jours que nous comptions les jours avant d’arriver à ce Camp et on se disait « Au Camp 5, ça va être bon de manger des biscuits oréos et de la bannique avec du Nutella et de la confiture aux fraises. Pour le souper, nous avons mangés le très bon ragout de poulet préparé par Madame Pauline. Nous avons pris le temps de déguster des biscuits Oréos avec du thé et ensuite, Yvon a préparé une recette de bannique à la grandeur de la poêle TFal. Lorsqu’elle a été prête, on en a mangé le 3/4 avec du Nutella et de la confiture aux fraises. Ce matin, nous avons mangés une bonne quantité de gruau avec le restant de la bannique. Ce midi, deux cannes de beans au sirop d’érable avec du pain. Au moment où j’écris ces lignes, il est 4 :15 h de l’après-midi et Yvon arrive avec 3 brochets qui vont tous être mangés pour souper. Ça fait deux jours qu’on ne pense qu’à une chose « MANGER ».

La montée de la Racine de Bouleau avec toute sa cordelle et ses portages est comparable aux épreuves qu’une personne rencontrent dans sa vie pour développer sa force de caractère et se prouvé qu’il peut réaliser n’importe quoi. Il y a deux côtés pour parler de cette rivière. On peut la maudire pour toutes ces épreuves ou l’appréciée pour la force mental quelle nous procure. Au début, j’allais souvent voir en avant dans l’espérance que le courant s’arrêterais pour pouvoir ramer et avancer plus vite. En constatent que c’était toujours du pareil aux même, j’ai cessé d’aller voir en avant. Pour moi, c’était comme aller voir une tireuse de cartes quand ça ne va pas trop bien dans notre vie. On espère qu’elle va nous dire de bonnes choses pour nous encourager. J’essayais plutôt de vivre le moment présent et d’accepter la rivière comme elle se présentait. La dernière partie de la rivière fut plus difficile moralement car je commençais à avoir hâte d’arrêter de faire de la cordelle et des portages et de pouvoir ramer sur de grandes distances. La rivière m’encourageait en nous laissant ramer peut-être pendant une heure et après ça, encore de la cordelle et de petits portages. J’étais vraiment tanné mais je préférais prendre cette rivière du côté positif, car avoir hâte de terminer nous apporte dans le futur et non dans le présent.

Les portages représentent des épreuves plus difficiles à surmonter. Le premier portage où nous avions une élévation de 100 pieds sur une distance de 600 pieds et le portage où nous avons montés le bagage et le canot avec une corde dans cap de 20 pieds de haut ont étés les deux plus éprouvant. C’est après avoir terminé ce portage avec la corde que j’ai pris conscience que peu importe l’épreuve que j’aurai sur ma route, j’ai la force et le courage de la surmontée. Ma source de motivation s’appelle « Rivière Racine de Bouleau ».

Depuis que nous sommes partis, je suis conscient de l’aide et de la protection que l’Univers m’apporte, de la générosité que Notre-Mère-La-Terre nous accorde car bien que nous ayons souffert de la faim, la Nature nous a toujours accordée le poisson nécessaire pour nous donner espoir.

Jour 44

Après un très bon repas et avoir repris des forces, nous sommes partis en direction du Camp 5A à environ 25 kms avant l’entrée du Réservoir Caniapiscau. Nous sommes arrivés au Camp vers 6 : 30 h. Pour le souper, spagathini au brochet. La journée a été merveilleuse avec beaucoup de soleil et beaucoup de vent.

Jour 45

Nous sommes partis ce matin en direction du Réservoir Caniapiscau qui est environ à 4-5 kms du Camp 5A. À l’entrée du réservoir, la rivière Caniapiscau a une largeur d’environ 300 pieds. Un léger courant nous entraîne sur le réservoir. La vue du réservoir est magnifique et c’est une autre immense étendue d’eau avec une multitude d’îles. Ce qui nous a le plus étonné en suivant notre trajet, c’est de constater à quel point le niveau du réservoir est très bas. À voir la différence entre l’eau et les débris sur les îles, le réservoir est pratiquement plus bas de 20 pieds. Nous voyons de grandes étendues à sec où il n’y a plus d’eau. Nous voyons le terrain comme il était avant d’être inondé. Nous avons eu tous les deux la même pensée « Va-ton être obligé de faire des portages sur le réservoir »? Nous avons continués à suivre notre trajet qui longe le côté Est pour être le plus possible à l’abri des vents. Dans le milieu de l’après-midi, croyez-le ou non, nous avons fait deux portages car nous n’avions plus assez d’eau pour continuer. Le premier portage fut d’environ 600 pieds et nous avons ramés à peu près 10 minutes et le deuxième portage fut d’environ 800-900 pieds. À l’endroit où nous sommes campés, il y a assez pour que nous puissions continués à faire du canot. Pour les jours à venir, on verra au fur et à la mesure si nous suivrons notre trajet ou si nous prendrons une autre direction!

   

Jour 46

Aujourd’hui, dû à la très forte intensité des vents, nous avons restés camper à la même place pour toute la journée. Depuis quelques années, j’avais dans l’idée de faire une randonnée pédestre de plusieurs miles, partir du point A vers le point B pendant plusieurs jours. Pour recevoir l’aide de l’Univers, il faut tout d’abord faire un premier pas, être en mouvement. Aujourd’hui, j’ai fait un pas. Je passe de l’idée à la réalisation de mon projet. Ma randonnée pédestre se fera dans le Nord du Québec sur une distance variant entre 150 et 200 miles pendant 30 jours. Je me ferai débarquer en hydravion sur un lac et me ferai reprendre sur un autre lac. Pour l’instant je ferai cette randonnée en solitaire. Je me donne deux à trois ans pour les préparatifs. Probablement que je ferai cette randonnée de la mi-juillet à la mi-août.

   

Jour 47

À notre réveil, il pleuvait et un vent du Sud-Est. Nous avons quand même décidés de plier bagages et de partir. Nous avons eu de la difficulté à nous localisés dut à la baisse du niveau de l’eau du réservoir. Quelques fois on ne savait plus si on devait suivre le tracé du GPS et risqués de faire un ou des portages ou de s’éloigner du tracé pour être certain d’avoir de l’eau. Nous sommes campés tout près de notre tracé.

Jour 48

Peu de temps après notre départ, nous avons fait un peu de cordelle car le niveau de l’eau à l’endroit de notre tracé était vraiment bas. Par la suite tout a bien été. C’est triste de voir tous les écosystèmes qui ont étés détruits avec l’inondation du réservoir. Je comprends, maintenant, la réticence des Cris de la Baie James et des Inuits. Ce qui me consol, c’est de voir la beauté des montagnes arrondies et vallonneuse qui n’ont pas étés affectées par la montée des eaux. Le dessus des montagnes ressemblent au paysage du Grand Nord avec sa mousse à caribou, sa végétation arbustive et ses épinettes noires épars. Je me sens tellement bien et heureux de vois ces paysages que tant et aussi longtemps que je serai capable de marcher, je ferai une randonnée pédestre à tous les ans. Je vais « Marcher le Grand Nord, d’ouest à l’Est et du Nord au Sud ». Ce soir, notre campement est situé dans le passé de plusieurs millions d’années car notre tente est installée à côté d’un immense tas de fumier de Tyranausorus Rex.

     

Jour 49

La journée s’est très bien déroulée, nous avons fait environ 28-30 kms. Nous avions le vent dans le dos avec du soleil, des nuages et de la pluie. Yvon a pris une grise de 30 pouces qui pesait 10-11 livres dans l’après-midi. Elle a fait notre souper.

Jour 50

Il a plu presque toute la nuit et au réveil, il pleuvait encore. Nous avons mangés du pain avec du beurre d’arachides, de la confiture aux fraises et du Nutella. Pendant que nous déjeunions dans la tente, la pluie a cessé et on en a profité pour plier bagages et partir. Peut-être une heure après notre départ, j’ai pris une ouaouaniche de 24 pouces et demi pesant 6 livres. Elle a fait notre souper. La journée s’est très bien déroulée, nous pouvons suivre notre trajet sans problème car où nous sommes rendus, il a beaucoup d’eau. Nous avons fait environ une vingtaine de kms. Sur la fin de l’après-midi, le ciel s’est dégagé. La température est fraîche depuis quelques jours; environ 13 à 15 degré Celsius avec les vents. Ça fait cinquante jours que nous sommes partis et nous sommes aussi motivés et enthousiaste qu’à la première journée.

   

Jour 51

Nous sommes partis ce matin en direction du barrage du réservoir Caniapiscau avec une distance à parcourir d’environ 20 kms. Nous sommes arrivés au barrage vers 2 : 15 pm. Tout le temps que nous étions en canot, nous avions le vent du Sud dans le dos qui nous poussait, au début de la journée, il y a eu un peu de pluie et par la suite le ciel s’est dégagé pour nous offrir une excellente chaleur grâce au soleil qui fut grandement apprécier. Nous avons communiqué avec Patrick de Labrador Air Safari au Lac Pau si c’était possible de nous envoyer quelqu’un pour venir nous cherchés. Patrick avait été avisé par Madame Pauline lorsque nous étions au Camp 1. C’est Michel qui est en charge de la base qui est venu nous cherchés. Nous remercions avec cœur le personnel de la base Labrador Air Safari ; Michel (responsable de la base), Patrick (dispatcher), Carole (excellente cuisinière) et Michel (pilote d’avion) pour leur dévouement à notre égard.

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Jour 52

Ce matin, à la base d’avion Air Saguenay, Labrador Air Safari, il pleuvait et il a plu tout l’avant-midi. À notre petit séjour à la base, nous en avons profités pour prendre une bonne douche et laver notre linge. Encore une fois, nous avons été reçus chaleureusement et nous avons grandement apprécié le contact amical avec le personnel de la base. C’est peut-être un cliché mais nous remercions; Carole, qui parle uniquement anglais, pour les excellents repas, elle a vite compris que nous avons manqué de sucrage. Carole, nous ne voulions pas que ta généreuse portion de gâteau aux fruits maison se fassent écraser dans un baril que nous l’avons toute mangé pour dessert ce soir. C’était tellement bon.

Patrick, un passionné d’Informatique, qui a réglé un problème informatique que j’avais avec la coopération d’Emmanuel à Québec.

Michel, le pilote d’avion, s’il est aussi calme assis dans son avion qu’à la table à manger, vous pouvez dormir sur vos deux oreilles.

Michel, l’homme à tout faire de la base, qui est j’en suis sûr un homme de confiance. En parlant ensemble, nous nous sommes découvert trois passions : les cornes, la chasse et le décapage de vieux meubles.

À tous ceux qui nous suivent sur notre site et que vous connaissez quelqu’un qui a l’intention de faire un voyage de chasse au caribou dans le Nord, n’hésitez pas à leur parler de Labrador Air Safari. Ils peuvent communiquer avec Jean ou Jean-Claude au numéro suivant : 1 418-548-5505. Nous aurions bien aimé rencontrer l’un deux.

Nous sommes partis dans l’après-midi pour entamer notre dernier tiers de notre expédition. Nous commençons à descendre la rivière Caniapiscau qui nous apportera jusqu’à la rivière Koksoak et par la suite à la Baie d’Ungava et passant devant Kuujjuaq.

Jour 53

Nous poursuivons notre descente sur la rivière Caniapiscau sous la pluie. Nous effectuons notre trajet moitié/moitié en faisant de la cordelle et en ramant. L’ancien lit de la rivière devait avoir environ 1000 à 1500 pieds de large. Depuis la construction des barrages (il y en a 41) qui ont fermé la rivière, elle a une largeur moyenne d’environ 500 pieds avec une énorme quantité de roches. Depuis notre départ le 7 juin, c’est la première fois qu’il y a eu une pluie intermittente qui a duré toute la journée sans arrêt.

 

Jour 54

Au réveil ce matin, notre ami le soleil était au rendez-vous. Nous en avons profité pour faire sécher notre linge. Nous avons fait de la cordelle les trois quarts de notre journée. Dans son état d’origine, cette section de la rivière devait être très rapide et tumultueuse. Nous avons trouvé une place pour se camper vers 19 :30. Depuis trois jours, nous descendons la rivière et le plus gros inconvénient est de se trouver une place pour camper.

Nous sommes campés aux 55e parallèle Nord et la Baie d’Ungava est au 59.

Jour 55

Au réveil, notre ami le soleil était encore là. Aujourd’hui, nous avons beaucoup plus ramé que de la cordelle. À différent endroits, il y a un élargissement de la rivière qui forme de petits lacs. Les côtés de la rivière sont parfois très abruptes et parfois en pente plus douce et de chaque côté de la rivière, il y a encore une quantité incroyable de grosses roches et parfois il n’y a que du cap. La largeur de la rivière varie de 500 à 700 pieds. Nous sommes campés sur un morceau de cap très plat sur le bord de la rivière. Yvon a trouvé une vieille corne de caribou près de notre campement. Nous avons baptisé notre campement : Camp Caribou.

     

Jour 56

Au début de notre journée, nous avons fait un peu de cordelle et ensuite nous avons ramé le reste de la journée. Nous avons descendu quelques rapides qui nous ont permis de parcourir une distance d’environ 35 kms. Nous nous sommes arrêtés pour installer notre campement sur une très longue plage de sable d’environ 1.5 kms de long. Sur le bord de la berge, il y avait plusieurs belles petites fleurs de couleur violacée. J’ai baptisé notre site de campement « Le campement des fleurs ».

   

Jour 57

Nous nous sommes réveillés ce matin avec mon ami le soleil et dans le milieu de l’avant-midi, nous avons eu la visite de mon amie la pluie. Ils sont venus nous rendre visite chacun leur tour durant toute l’après-midi. Nous avons descendu plusieurs rapides dans la rivière et nous avons été poussés par mon ami le vent, ce qui nous a permis de franchir une distance d’environ 45 kms. Lorsque nous nous sommes installés pour souper vers 19:00, c’est mon amie la pluie qui est arrivée et lorsque que je me suis couché, elle était encore là.

 

Jour 58

Mon amie la pluie est restée avec nous toute la nuit. Elle a décidé de nous quitter pas longtemps après notre réveil. Notre campement était situé à environ 8-10 kms de l’embouchure d’une autre grosse rivière qui se joint à la Caniapiscau. C’est la Rivière Du Sable. Nous avons su par le personnel d’Air Saguenay que près de la jonction, il y avait une pourvoirie de chasse et pêche. Puisqu’il a mouillé toute la nuit, nous n’avons pas fait de feu pour le déjeuner, nous avons tout simplement plié bagage pour se rendre à ce camp de chasse pour faire sécher toute notre équipement. Nous sommes arrivés à ce camp de chasse vers 10:30. Depuis quelques semaines, nous avons commencé à voir des camps de chasse et pêche un peu avant d’arriver au lac Justone. La plupart de ces camps sont laissés à l’abandon dû aux changements dans la migration et la baisse de population des caribous. Jusqu’à maintenant, il n’y a que les camps du Club Chambeaux qui sont très bien entretenus. C’est toujours triste de constater l’état du ou des bâtiments, de penser à tout le travail qui a été fait pour bâtir ces camps car tout le matériel a été apporté en hydravion. Nous faisons un peu de ménage et on chauffe le poêle à bois. Une fois installé, on est très content d’avoir eu ce camp sur notre route. Nous avons pris le restant de la journée pour nous reposer car demain nous avons environ 8-10 kms à faire avant d’entreprendre le grand portage du Eaton Canyon.

   

Jour 61

Nous avons poursuivi notre portage de l’Eaton Canyon. Nous avons porté le canot et l’aller-retour nous a pris 2:30. En arrivant à notre site de campement, nous avons plié bagage et avons embarqué sur le petit lac. À la fin du petit lac, nous avons eu toute une surprise car la décharge du petit lac passe sous une montagne de grosses roches entre 2 gros caps (un autre canyon). Nous avons eu à refaire un portage. Le portage en tant que tel n’avait pas une grande distance mais c’est qu’il était extrêmement difficile; on montait au travers d’énormes roches sur une distance d’environ 150 pieds et de l’autre versant, nous redescendions sur environ 200 pieds le long de la paroi rocheuse. Ce portage, nous a pris 3 heures. Rendu en bas, nous avons rechargé nos bagages pour ramer environ 3-4 minutes avant de refaire un autre portage d’environ 1 heure pour arriver enfin sur la Caniapiscau. Nous avons descendus sur environ 2 kms et nous nous sommes arrêtés sur une petite plage de sable pour monter notre campement.

     

         

Jour 62

Aujourd’hui, nous avons parcourus 30 kms en canot. Environ 45 minutes après notre départ, nous avons passé l’embouchure de la rivière Goodwood. Sur l’heure du midi, nous nous sommes arrêtés au pied d’une petite chute et Yvon a pris 5 mouchetés variant de 12 à 15 pouces. Elles ont fait notre souper. Dans le courant de l’après-midi, la rivière Caniapiscau est devenue de plus en plus large car ce matin, elle était d’environ 700-800 pieds tandis que cet après-midi, elle fait presque le double et nous voyons très souvent de très longue et large plage de sable. Bien que la rivière soit très large, elle n’est pas profonde. Parfois nous au milieu et il n’y a qu’environ 4 à 5 pieds d’eau. Les montagnes sont vallonnées avec différentes hauteurs. Le sommet des montagnes deviennent de plus en plus caractéristique du Nord avec de très grands espaces recouvert de roches, de mousse à caribou et des épinettes et du mélèze répartis çà et là. Bref, les paysages sont encore de toutes beautés.

Vers 15:30, nous sommes passés devant une autre pourvoirie fermée. Nous en avons profité pour lui redonner vie le temps d’un après-midi, d’une nuit et d’une matinée.

   

Jour 63

Nous sommes partis de la pourvoirie en direction de Granit Falls à environ 15 kms. Mon ami le soleil était au rendez-vous avec un petit vent du Sud qui nous poussait. Il y avait encore de longues et larges plages de sable le long de la rivière. Environ une demi-heure avant d’arriver aux chutes, nous avons commencé à entendre le bruit. C’est toujours impressionnant de voir et d’entendre le courant de ces chutes.

Nous n’avons pas vu de plaques sur les arbres ou autre indication pour trouver l’endroit du portage. Nous avons portagé sur le côté gauche de la rivière; aucun problème pour les 350 premiers pieds alors que pour le restant, nous avons encore joué aux alpinistes, mais cette fois-ci, nous avons descendu nos bagages et le canot sur une paroi rocheuse d’environ 40 pieds pour atteindre une plage de petites roches qui nous donnait accès à la rivière. Ce portage a duré environ 3 heures.

Nous avons pêchés un peu au pied mais sans succès. Nous avons continué notre descente de la rivière qui s’est refermée pour atteindre une largeur d’environ 300-350 pieds avec de hautes montagnes de chaque côté, plus de plages de sable, rien que des grosses roches rondes et du cap avec beaucoup de courant qui nous faisait descendre rapidement. Une vingtaine de kms plus loin, les montagnes ont commencé à s’adoucir et à être moins abruptes. Nous nous sommes arrêtés vers 19:30 lorsque nous avons trouvé une petite plaque de cap relativement plane qui descendait en pente douce vers la rivière.

     

Jour 64

Peu de temps après notre départ ce matin, nous nous sommes arrêtés à l’embouchure d’une grosse rivière. Pendant qu’Yvon pêchait, j’ai monté la rivière pour aller prendre des photos car il y avait beaucoup de chutes et le courant était très fort. À l’endroit où j’étais pour photographier, je pouvais voir jusqu’en haut de la chute. La descente devait avoir 150 pieds jusqu’à moi pour poursuivre sa descente sur environ 75 pieds pour terminer sa course en pente douce jusque dans la rivière Caniapiscau.

   

Jour 65

Lorsque nous sommes partis ce matin, le ciel était nuageux et tranquillement dans l’avant-midi, il s’est complètement dégagé pour faire place à mon ami le soleil qui nous a porté compagnie pour le restant de la journée. Aujourd’hui, nous avons parcouru une distance de 38 kms. Nous avons installé notre campement sur une plaque de cap qui descend dans le lac Cambrien.

   

Jour 66

Nous sommes partis ce matin avec l’objectif d’atteindre les chutes de Schistes qui sont environ à 32 kms de notre campement. Vers 11:00, nous avons terminé de naviguer sur le lac Cambrien pour se retrouver à nouveau sur la rivière Caniapiscau. Nous avons eu un fort vent qui nous poussait et Yvon a installé une voile sur le canot. Il a mis une rame chaque bord du canot au milieu et il a glissé un sac de vidange sur les rames. Par moment, nous devions aller environ 8 à 10 kms/heure. Nous sommes arrivés aux chutes de Schistes à 15:30. Le sentier de 420 pieds était déjà balisé en forêt. Avant que le niveau de l’eau baisse, la fin du portage arrivait directement dans l’eau alors qu’aujourd’hui, nous avons été obligés de faire un sentier en coupant des aulnes sur une distance 150 pieds. Plusieurs kms avant d’arriver aux chutes, il y a eu beaucoup d’hectares de forêt de brûler cet été et le portage était dans du bois brûlé. Avant et après le portage, il n’y a pas de place pour camper, nous avons installé notre campement sur un petit monticule dans le brûlé. Nous avons baptisé notre campement « Le camp brûlé ».

     

Jour 67

Nous avons terminé le reste de notre portage cet avant-midi et nous en avons profité pour pêcher au pied des chutes, nous avons pris 8 truites mouchetés d’une douzaine de pouces. Nous avons parcouru à peu près 25 kms avant d’arriver à l’embouchure de la rivière Swampy Bay. Nous avons installé notre campement sur une plage de sable en face de la rivière Columbet Creek.

     

Jour 68

Je me suis levé ce matin avec mon amie la pluie; avant de me coucher hier soir, j’avais habrillé mon bois de chauffage, donc je n’ai pas eu de difficulté à allumer mon feu ce matin et la pluie s’est arrêtée après le déjeuner. Le ciel s’est dégagé dans l’avant-midi pour la venue de mon ami le soleil. Sur la fin de l’après-midi, mon amie la pluie est revenue pour rester avec nous jusqu’à notre couché. Aujourd’hui, nous avons fait 44 kms en canot. Nous avons installé notre campement avant de commencer une descente de la rivière où il y a de grosses montagnes de chaque côté qui plongent dans la rivière. Ces montagnes sont magnifiques car elles sont exactement comme les montagnes du Nord. J’adore la beauté de ces montagnes, la végétation arbustive et la roche. J’aime beaucoup mieux ces paysages nordiques que celui où je demeure même si chez-nous les montagnes sont belles.

Jour 69

À mon levé, mon amie la pluie était encore avec nous. Après notre déjeuner, nous sommes partis en direction des chutes de la Pyrite à 25 kms de notre campement. Durant notre trajet, mon amie la pluie était avec nous et elle a décidé de nous quitter à notre arrivé aux chutes vers 15:00. Un peu avant d’arriver aux chutes de la Pyrite, le paysage a vraiment commencé à ressembler au paysage du Nord avec ces montagnes basses et arrondies avec beaucoup de mousse à caribou, du lichen et quelques épinettes noires et des mélèzes ici et là. L’épinette noire et le mélèze sont en forte concentration le long des berges sur une centaine de pieds pour ensuite faire place à de grandes éclaircies de mousse à caribou. Pour la première fois de ma vie, je bois avec les yeux pour enivrer mon cœur.

       

Jour 70

Ce matin, notre destination était la chute du Calcaire à environ 8-9 kms des chutes de la Pyrite. Avant de partir, nous en avons profité pour pêcher à la mouche et nous avons pris une grise, 2 ouaouaniches et 7 truites mouchetés. Nous avions donc notre souper et quelques truites pour le déjeuner. Nous sommes arrivés aux chutes du Calcaire vers 13:30. Nous avons mangé avant de faire le portage d’une distance de 400-450 pieds le long de la rivière. Le portage a duré environ 2 heures et nous sommes repartis en direction de la Gorge du Manitou qui est une série de rapide sur environ 5 kilomètres. Il était 16:30 à notre arrivée et nous avons installé notre campement pour la nuit.

   

Jour 71

Après avoir plié bagage, nous avons commencé notre descente de la Gorge du Manitou en faisant de la cordelle sur environ 0.75 km et nous avons descendu le restant en canot en gardant le bord de la rivière sur le côté gauche. Vers le milieu de l’après-midi, nous avons passé à l’embouchure de la rivière aux Mélèzes qui a environ 500 à 600 pieds de large. À partir de cette jonction, nous sommes sur la rivière Koksoak qui nous conduira jusqu’à Kuujjuaq.

 

Jour 72

Lorsque nous sommes partis ce matin, nous étions à 77 kilomètres de Kuujjuaq et notre objectif était de faire environ 45 à 50 kms de canot. Nous avons eu à l’occasion un petit vent du Sud qui nous poussait et parfois lorsque le vent était plus fort, Yvon installait la voile que nous avons baptisé le 3e rameur. Lorsque nous avons installé notre campement, nous avions parcouru la distance de 53 kms.

     

Jour 73

Ce matin, c’était spécial car c’était notre dernier déjeuner, dernier feu et la dernière levée de notre campement car nous ne sommes qu’à 24 kms de Kuujjuaq. Nous sommes partis vers 8:00 et nous sommes arrivés à Kuujjuaq à 11:30.

Nous avions prévu réservé nos billets d’avion 2 jours à l’avance (soit pour mercredi) pour Kuujjuaq-Québec car de cette façon le billet coûte moins cher, mais il n’y a plus de place sur Air Inuit avant le 25 août. Nous avons nos billets avec First Air pour Kuujjuaq-Montréal demain après-midi à 16:50. Nous coucherons chez un oncle à Yvon avant de prendre l’autobus pour Québec, mercredi dans l’avant-midi.